Des chiffres et des hommes



Des données, des chiffres, des comparaisons et des études, notre quotidien de Travel Manager est fait de toutes ces enquêtes qui nous permettent de mesurer le marché, envisager l'avenir et en un mot, «Benchmarker». Il reste qu'il y a étude et étude: sous prétexte de nous abreuver de chiffres, on nous prend bien souvent pour des truffes.



Pas très joli, cet anglicisme «Benchmarker», mais les équivalents en Français ne sont pas évidents. Nos amis québécois diraient certainement «étalonner». Il s'agit bien sûr du "point de référence", comme nous le dirait tout bon traducteur, mais nous y sous-entendons une mesure de nos activités.

Le premier sujet sur lequel nous sommes en permanence en recherche de référence, c'est bien évidemment le tarif. D'un billet d'avion, d'une chambre d'hôtel, d'une location de voiture. Mais en allant plus loin, nous voudrions bien tout savoir d'une commission, d'une sous-commission et des marges arrières, avant ou sur le côté. Nous sommes en permanence en quête d'éléments et de toute mesure nous permettant de savoir si nous sommes bien dans les rails, et comment projeter nos budgets dans l'avenir. Alors bien sûr, dans notre recherche effrénée, c'est toujours avec intérêt que nous guettons les études et livres blancs qui nous sont envoyés.

Il faut bien le dire, ces derniers temps il y a eu le bon grain... et l'ivraie. Dans le bon grain, nous sommes tous preneurs des études très fouillées du Cabinet Deloitte pour ne citer que lui, qui nous permet de connaître par catégorie, par ville ou par zone, mois par mois, des prix pratiqués (les réels !) et des taux d'occupation des hôtels. Du concret, du sérieux. Pour l'ivraie, il y a abondance, inutile de nous fâcher avec quiconque : chaque jour nous apporte son lot d'études plus ou moins bidons qui démontrent surtout une vraie démarche marketing. A grand renfort de colonnes et de camemberts, on nous classera par exemple les hôtels par la qualité des cireuses à chaussures ou les compagnies aériennes par le choix de sodas de leurs lounges (encore un anglicisme !). Il s'agit surtout et souvent d'imposer une image de spécialiste de la spécialité, quitte à broder largement sur tout et n'importe quoi. Faisant fi de notre capacité à lire avec discernement, ces études tendent surtout à nous démontrer une chose : parfois, on nous prend franchement pour des gogos !

Allez, nous n'en voulons à personne, mais soyez gentils: donnez nous des chiffres, des vrais, des utiles. Nous en sommes gourmands ! Les autres, c'est clair, finissent rapidement leur carrière sous la touche "Supprimer".

Le GDS