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Situation tendue cette semaine dans le ciel européen pour les compagnies aériennes. Chacun a eu les yeux braqués sur le nuage de cendres du volcan islandais Grimsvötn qui, après l'épisode de l'Eyjafjöll l'an dernier, faisait craindre un nouveau blocage du transport aérien. Plus de peur que de mal, mais toujours pas plus de visibilité pour les professionnels en déplacements d'affaires.



Contrairement à l'an dernier, le principe de précaution n'a pas totalement bloqué le ciel et ni les compagnies aériennes ni les Travel managers ne s'en plaindront. Cette expérience laissera de mauvais souvenirs aux collaborateurs et milliers de passagers bloqués mardi en Ecosse ou au Danemark et mercredi en Allemagne, mais l'affaire n'a eu aucune mesure avec les 10 000 vols annulés l'an dernier et les 8 millions de passagers figés sur place, certains pendant un mois.

Est-ce à dire que l'Europe sait désormais gérer ces événements naturels ? De notre point de vue, pas tout à fait. Certes les différentes études sur la dangerosité des nuages volcaniques et une analyse plus fine de la situation ont permis d'éviter le pire. Il reste que cette fois, la loi du "chacun pour soi" a donné un sentiment presque inverse à celui de l'an dernier. En 2010, le "Tous aux abris" a prévalu. En 2011, il ne semblait pas y avoir de capitaine dans l'avion: chaque état a géré son passage de nuage dans son coin et nous, pauvres TM, n'avons pu qu'attendre sans pouvoir anticiper.

Un nuage ne se maîtrise certes pas. Mais un minium de communication permet d'envisager son évolution. Les météorologistes, lorsqu'ils veulent être affutés, savent dire aux agriculteurs le taux de nuage et de pluviométrie plusieurs jours à l'avance. A Roland Garros, événement d'actualité, les joueurs et arbitres sont prévenus la veille voire l'avant veille des risques de pluie et de l'organisation des matchs qui en découlera. Pour le voyage d'affaires, nous attendons toujours. Les TMC font de leur mieux, mais ne font qu'avec l'information dont elles disposent. Et les organisateurs de déplacements que nous sommes ont eu bien du mal à répondre aux voyageurs s'ils pouvaient ou non confirmer leurs rendez vous et leur billets.

Résultat: "Bien, mais peut mieux faire". Un suivi météo et une information détaillée plus précises doit pouvoir se mettre en place, avec les circuits adéquats. Ces éléments permettront de soutenir le développement économique de nos entreprises qui, par leurs déplacements d'affaires, participent à la croissance de notre pays. L'AFTM est prête, comme pour l'épisode neigeux de la fin d'année dernière, à participer à la concertation indispensable pour améliorer la visibilité et le suivi de ce dossier.

Le GDS