Même si par ces temps de canicule il est plutôt recommandé de rester à l’ombre, je ne résiste pas à la tentation de tendre l’oreille à l’extérieur pour écouter les conversations des uns et des autres. Quitte à m’aventurer hors des sentiers battus car il y a, dans mon métier de travel manager, des terrains marécageux où nos fournisseurs s’aventurent rarement et où les moustiques ne manquent pas, accompagnés de leur lot de démangeaisons. Depuis quelque temps je dois dire que ça me gratouille sérieusement ! Si je vous écrivais récemment tous mes espoirs placés dans le déploiement des chatbots, je suis de plus en plus souvent irrité par le décalage qui peut exister entre l’offre technologique de notre secteur et les vraies priorités des vrais utilisateurs. Prenons le cas des outils de réservation et de gestion des voyages : on ne compte plus les apps qui nous promettent monts et merveilles … tant que vous ne sortez pas du voyage simple de point à point entre Paris et Londres ! Cela me fait une belle jambe de savoir que mon voyageur peut réserver une place de spectacle et un taxi en même temps que sa chambre d’hôtel quand je dois expliquer à son assistante – car c’est elle qui réserve en réalité – qu’elle doit passer par une commande « OFF-LINE » puisque son trajet comportera plus de 4 tronçons en partant d’une ville de province.

J’ai beau faire chaque matin des incantations au dieu « Esbété », cela fait grosso modo 15 ans que j’ai l’impression de tourner en rond. Pourquoi diable nos professionnels de la profession s’évertuent-ils à dépenser une énergie folle à copier le marché loisir alors que nous aurions besoin que leurs efforts portent sur la recherche de solutions simples et efficaces pour traiter nos besoins professionnels ? Je ne pense pas vous surprendre en disant que nos exigences industrielles génèrent leurs lots de voyages dits « complexes » … Et quand je dis « complexes », j’ai des attentes modestes : savoir proposer un voyage avec une ou deux escales et un changement de compagnie sans faire imploser mon portefeuille. Au lieu de chercher comment présenter à mes voyageurs de manière synthétique et graphique des alternatives qui permettraient de gagner 30% sur le prix des billets au prix d’un décalage de quelques heures de la mission, tous nos fournisseurs ou presque s’obstinent à faire du transport du dernier kilomètre )par un moyen de transport improbable- ou du choix de la couleur du plateau repas l’enjeu crucial du voyage d’affaires au XXIe siècle.

Nous aurons tout le loisir de traiter de l’hyper-connectivité et de l’ultra-personnalisation dès lors que les fonctions de base seront correctement assurées. Je passe aujourd’hui plus de temps à expliquer ce que NE PEUT PAS FAIRE mon outil en ligne plutôt qu’à communiquer sur les possibilités qu’il m’offre pour – simplement – optimiser les coûts et améliorer le confort des voyageurs. Est-ce vraiment normal ?

Aïe ! je sens que les démangeaisons reprennent de plus belle … Inutile de me passer votre pommade habituelle : elle est totalement inefficace sur ces irritations !