C’est confirmé : il est urgent que l’industrie du voyage échappe à une caricature qui voudrait la réduire à une simple machine à fantasmes pour touristes en chemises à fleur.
Nous vous avions parlé dans un précédent Grain de sel du rôle majeur joué par les voyageurs d’affaires dans la survie de l’hôtellerie parisienne dans le contexte compliqué de l’après-13 novembre. On ajoutera un addendum à cette chronique en relevant que ce sont bel et bien les clients affaires qui ont réalisé plus de la moitié (53%) des nuitées hôtelières dans le Grand Paris en 2016 ! Et on enfoncera encore le clou ce mois-ci avec cet autre chiffre, délivré par le transporteur national himself : 60% du chiffre d’affaires d’Air France-KLM sur le marché France provient directement de déplacements pour motifs professionnels. Un chiffre que je vous invite à ressortir dans les dîners en ville ou en famille, lorsque les autres convives resteront coi face à votre job description. Que vous soyez chargés de voyages, acheteurs travel ou travel manager, clamez-le haut et fort : votre activité ne consiste pas à gérer la répartition des queues de cerise et c’est sur vous -ou en tous cas essentiellement sur vous- que repose la bonne santé de l’économie du voyage et tout ce qu’elle embarque derrière elle (compagnies aériennes et ferroviaires, hôtellerie, location de voitures mais aussi transport au sol, restauration, commerces…). Et si quelqu’un pouvait passer le message aux nouvelles équipes gouvernementales et législatives qui sortiront bientôt des urnes, ce ne serait certainement pas du luxe…