Electronics ban : il va falloir, malheureusement, nous habituer à ce terme.
Pas d’appareil électronique plus grand qu’un téléphone portable en cabine : c’est la mesure, drastique, qui a été prise en mars par les autorités américaines concernant les vols en provenance de 8 pays du Moyen-Orient et du Maghreb. Depuis lors, des bruits ressurgissent régulièrement pour faire annoncer l’extension de cette interdiction à tous les vols à destination des États-Unis.
Des bruits : voilà à quoi nous en sommes aujourd’hui réduits, que ce soit sur le périmètre des pays qui seront bientôt concernés par cette mesure et surtout sur la réalité de la menace qui la justifie, puisque, secret d’État oblige, aucune communication rationnelle n’a été faite sur ce point à ce jour. On peut juste espérer que cette opération n’a pas comme principal objectif de donner un coup de pouce aux compagnies américaines dans leur rude compétition contre les compagnies du Golfe. Mais passons sur cette hypothèse cynique : l’objectif de cette tribune n’est pas d’ajouter une goutte supplémentaire dans la mare aux rumeurs mais tout simplement de défendre l’intérêt des voyageurs d’affaires et de ceux qui gèrent leurs déplacements, pour qui les tribulations de cet electronics ban ne facilitent pas vraiment la tâche.
L’Association Internationale du Transport Aérien (IATA) a publié dernièrement une estimation des dégâts collatéraux d’une telle mesure : près de 5 millions de voyageurs touchés et une perte de près de 200 millions de dollars en coûts directs et indirects, partagés entre les compagnies (complications dans l’acheminement des bagages) et surtout les voyageurs et les entreprises qui les emploient (perte de productivité, retards des avions). Toujours selon l’IATA, l’extension de cette mesure à l’ensemble des vols Europe-États-Unis gonflerait l’addition à 1,2 milliards de dollars pour 142 000 vols affectés dans l’année. On atteint le super banco en prolongeant encore l’electronics ban à l’ensemble des vols en direction des États-Unis : 786 000 vols affectés par an et près de 3,4 milliards de dollars envolés pour une raison à ce jour injustifiée. Cela vaut peut-être le coup d’éviter les poussées de fièvre unilatérales pour s’asseoir tranquillement autour d’une table et parler sereinement de sécurité, non ?
« Nous devons nous exprimer ouvertement, débattre honnêtement de nos désaccords mais toujours rechercher la solidarité ». Ce n’est pas nous qui le disons, mais Donald J. Trump lui-même… Chiche ? Nous n’espérons évidemment pas une invitation immédiate à la Maison Blanche mais, sur ce sujet comme sur tous ceux qui touchent à la sécurité des voyageurs, l’AFTM compte bien faire entendre sa voix afin que soit mieux prise en compte la réalité du voyage d’affaires dans la mise en place de nouveaux dispositifs de vigilance.