Partenaires et adhérents étaient réunis en nombre le 25 avril au soir au Hyatt Regency Paris Etoile pour un dîner-débat AFTM consacré à l’innovation. Et tout le monde est reparti avec une certitude : il va falloir changer…

 

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« Mon vol a été annulé hier soir. J’en ai été averti par e-mail, j’ai échangé sur Twitter avec la compagnie et d’autres voyageurs pour savoir ce qu’il fallait faire. La compagnie nous a donné un numéro d’échange sur Whatsapp mais j’ai finalement choisi de racheter un billet sur l’appli d’une autre compagnie. J’ai fait tout ça sur mon mobile, sans aucun échange téléphonique. »

En un exemple délivré en fin de séance, Christophe Drezet -co-animateur de ce dîner-débat avec Yvan Marx- a illustré mieux qu’en dix graphiques le nouveau monde du voyage. Un monde ultra-connecté, où les usages du voyage d’affaires sont contaminés par les outils dérivés du B to C. Un monde où les rôles sont inversés puisque ce sont désormais les assistantes et les voyageurs qui poussent les responsables de la gestion des déplacements à intégrer des solutions nouvelles, alors que ceux-ci peinaient encore il y a quelques années à imposer de nouveaux outils aux utilisateurs…

 

Le voyageur au centre
On a pu s’en convaincre au fil de la séance : cette révolution remettra forcément en question la place des différents acteurs du monde du voyage, GDS et TMC en tête de liste. Si l’on a pu regretter l’absence d’Amadeus pour répondre sur le premier point, les agences étaient en revanche présentes en force (FCM, Globeo, Voyagexpert, Travel Planet) et ont pu, chacune, délivrer une vision de leur rôle futur, afin d’éviter le destin que leur annonce Christophe Drezet : un saut dans le puits commun du « facility management », sous la houlette des géants du secteur.

Jean-Christophe Sabatier (Travel Planet)

Jean-Christophe Sabatier (Travel Planet)

Mais les GDS et les TMC ne sont pas les seules à être condamnées au changement. Les travel managers devront eux aussi s’adapter à cette nouvelle donne où ils ne sont plus au centre du jeu car ce ne sont plus eux mais les voyageurs eux-mêmes qui deviennent les principaux vecteurs d’économies. Le changement est radical, que ce soit dans la construction des outils d’évaluation (dans lesquels il faudra bien « introduire du qualitatif à côté du quantitatif ») mais aussi dans l’élaboration de la politique voyages, qui devra désormais promouvoir la confiance et la responsabilisation. Dangereux ? Pas sûr selon Christophe Drezet, pour qui ce nouveau monde où le voyageur devient prescripteur peut être une opportunité, aussi bien en termes de productivité que de compliance. A l’appui de son propos, le consultant EPSA cite en exemple une étude démontrant qu’une simplification de la politique voyages accompagnée d’une liberté dans le choix de l’outil de réservation permet d’obtenir des économies allant jusqu’à 30% sur certaines routes.

 

Pour aujourd’hui, pas pour demain
Au terme de ce dîner-débat, tout le monde n’était évidemment pas convaincu des vertus de ce laisser-faire. Mais tout le monde l’était, en revanche, de la nécessité d’évoluer rapidement sous peine d’être submergé à court terme par le tsunami : on comptait 10 milliards d’objets connectés en 2010, on en comptera 50 dès 2020. Et comme le soulignait Christophe Drezet, l’innovation a pris la fâcheuse habitude de se répandre à la vitesse du TGV : si le téléphone a mis 75 ans à atteindre les 50 millions d’utilisateurs, il a suffi de 2 jours à l’application Pokemon Go pour réaliser cette performance…