L’AFTM organise un dîner-débat sur l’hébergement alternatif le 29 novembre. L’occasion d’aller poser toutes les questions qui fâchent à MagicStay et Sweet Inn, nos deux partenaires du secteur…

Point par point, nous avons donc demandé à Valéry Linÿer (cofondateur et PDG de MagicStay) et Isabelle Thos (directrice des ventes BtoB de Sweet Inn) de répondre aux réticences les plus fréquemment entendues concernant le recours à l’hébergement alternatif dans le cadre d’un déplacement professionnel.

Valéry Linÿer

Valéry Linÿer

« L’hébergement alternatif, c’est compliqué pour gérer l’arrivée et le départ de mon voyageur »

Valéry Linÿer : Ça ne l’est pas pour nos clients en tout cas ! Il faut bien comprendre que nous avons un mode de fonctionnement très différent de ce qui peut se faire dans le cadre de la location courte durée pour le grand public. Nous ne nous adressons qu’à des entreprises et à leurs voyageurs, ce qui nécessite plus de traçabilité, plus de sécurité mais aussi plus de service, ce qui est rendu possible par la nature des appartements que nous proposons. Certes, on retrouvera dans notre offre, à proximité des grands centres de business, des appartements mis en location par des particuliers mais nous opérons une sélection drastique et cela ne représente que 10% des appartements que nous proposons. Pour le reste, 50% de notre offre provient d’agences immobilières spécialisées dans la location courte durée, qui apportent du service supplémentaire et sont habituées à recevoir des clients 24h/24. Ces professionnels de l’immobilier ont l’avantage de faire la sélection des appartements en amont et d’apporter du service dans l’appartement, que ce soit pour le ménage ou les services généraux (changer une machine, une ampoule…). Quant aux 40% restants, ce sont des appart’hôtels, avec un système de remise des clés 24/24, du gardiennage et des appartements qui correspondent aux besoins d’un professionnel en déplacement.

Isabelle Thos

Isabelle Thos

Isabelle Thos : Chez Sweet Inn, on n’a pas non plus ce souci concernant la remise des clés. Nous nous voyons comme « un hôtel éparpillé en ville » et nous proposons donc, comme un hôtel, un lobby et une réception. Par ailleurs, nous proposons un service de guest relations. Le contact est pris avec le client en amont de son arrivée pour mettre au point l’heure et l’endroit où il veut récupérer ses clés : soit au lobby s’il veut les récupérer avant son check-in, qu’il préfère laisser ses bagages à la bagagerie et/ou travailler dans notre business corner, soit directement à l’appartement où le rendez-vous aura été pris au préalable avec le ou la guest relation.

« L’hébergement alternatif, ce n’est ni sûr, ni assuré »

Valéry Linÿer : Notre mode de sélection des appartements nous permet de garantir des logements sûrs. Nous assurons toutes nos transactions et nous couvrons tous nos voyageurs à concurrence d’1,5 millions d’euros en responsabilité civile. Nous travaillons également sur des outils de traçabilité du voyageur, qui permettront de prendre connaissance en temps réel de l’arrivée et du départ du voyageur. Enfin, nous avons engagé la démarche « Trustay », qui vise à sécuriser et légaliser les appartements : identification des points clés liés à la sécurité, comme les détecteurs de fumée, le code ou interphone dans l’immeuble, la porte blindée de l’appartement, la trousse des premiers secours, etc… Cette démarche inclue une vérification de ces éléments entre deux locataires, mais aussi celui du paiement des taxes de séjour, du paiement de l’impôt sur les sociétés en France, des données stockées en France, la hotline 24/7, etc…

Isabelle Thos : Là encore, nous sommes dans un modèle très différent de celui proposé dans la location entre particuliers. Tous nos appartements nous appartiennent et sont en adéquation avec la législation du pays dans lequel on se trouve. Tous nos appartements parisiens, par exemple, sont en bail commercial, comme l’exige la législation. De la même façon, ils font partie de la convention CHR, qui s’applique aux cafés-hôtels-restaurants.

« L’hébergement alternatif, ce n’est pas souple et on ne peut pas modifier ou annuler son séjour »

Valéry Linÿer : Certes, c’est forcément moins souple qu’un hôtel. Il faut bien tenir compte du fait que chaque appartement est unique et si vous annulez à quelques jours de votre arrivée, l’appartement va rester vide. Néanmoins, nous avons développé une option « Magic-Flex », qui permet pour une très grande majorité d’appartements -et ceux qui ne le permettent pas sont clairement signalés- de payer un petit peu plus cher pour obtenir une très grande flexibilité, avec la possibilité d’annuler son séjour jusqu’à 48 heures avant l’arrivée prévue.

Isabelle Thos : Dans l’absolu, c’est vrai que c’est plus compliqué que dans un hôtel. Maintenant, dans le cadre d’une offre corporate, c’est un peu différent. C’est l’avantage d’avoir un contact humain, un contact commercial : on tient à nos clients et tout se discute…

« L’hébergement alternatif, ce n’est pas si avantageux que cela si l’on ajoute les frais annexes comme le ménage, par exemple »

Valéry Linÿer : Ce n’est pas un bon argument. D’abord parce que, la plupart du temps, le ménage est déjà inclus dans nos prix ! Et puis plus généralement, la différence de prix par rapport à l’hôtel est tellement importante que les éventuels frais annexes pourront paraître marginaux. Globalement, on situe ça autour de 40% de différence mais on peut aller jusqu’à 70% pour certains endroits et certaines périodes. Il faut également tenir compte du fait qu’à l’hôtel, votre voyageur va prendre son petit-déjeuner, éventuellement son déjeuner et son dîner et cela pèse sur le coût global du déplacement. Avec l’hébergement alternatif, vous faîtes des économies sur la restauration mais aussi sur les salles de réunion et le transport, puisque nos appartements sont situés près des centres d’affaires, là où les hôtels sont généralement hors de prix.

Isabelle Thos : Tout dépend de ce que l’on veut. Le produit est différent : si on recherche une expérience « locale » en venant dans un de nos appartements, les frais de ménage sont facturés en plus et pour celui qui veut le ménage tous les jours, il est sûr que l’addition va monter. Maintenant, sur le prix, on a l’habitude de se comparer aux boutique-hôtels trois-quatre étoiles que l’on voit émerger dans toutes les grandes villes. Et on considère que si notre service est plus proche du quatre étoiles, le tarif est plus proche de celui d’un trois étoiles.

« L’hébergement alternatif, ça ne rentre pas dans mes systèmes de réservation »

Valéry Linÿer : C’est en train de changer, d’autant plus que les agences, les HBT ou les OBT sont en demande de contenus sur l’hébergement alternatif. Nous sommes souvent sollicités et nous devrions annoncer plusieurs signatures avant la fin de l’année. Mais nous travaillons aussi sur nos propres outils de connexion et nous sommes déjà en pilote dans plusieurs entreprises. Cela leur permettra, en parallèle des systèmes existants, de mettre en place un outil particulier pour la réservation d’appartements, avec une traçabilité de la dépense, un système de paiement en compte et une remontée complète de l’information, avec optimisation de la politique voyages par type de voyageur ou par ville.

Isabelle Thos : Nous aussi, nous sommes en pourparlers avec les TMC, les HBT ou les OBT, parce qu’ils savent qu’on est visible 365 jours par an et qu’on n’a pas de problème de disponibilité. Nous avons une API et nous pouvons parfaitement nous logger avec ces différents systèmes.