On le sait : les dîners-débats aériens de l’AFTM ont pris la bonne habitude de faire le plein. Et celui du 28 février, consacré à l’utilité des programmes aériens, n’a pas failli à cette heureuse règle. Synthèse.

IMG_0488« Un programme aérien est-il encore utile ? » : telle était la question au cœur de ce dîner-débat animé par François-Xavier Izenic et Jérôme Drevon-Barreaux, organisé le 28 février au Pullman Paris-Centre Bercy. Au terme de cet événement, où les points de vue sur la question ont pu se confronter entre eux, on serait plutôt tenté de répondre par la positive. Au-delà même du prix préférentiel (contestable) et des remises arrière (contestées), les témoignages des travel managers présents -sans parler de ceux des représentants de compagnies présents, cela va sans dire- ont en effet majoritairement mis en valeur les avantages d’un programme aérien : l’assurance d’accéder à des tarifs et au stock, la construction d’un véritable partenariat qui donne la possibilité de se retourner vers quelqu’un en cas de problème ou encore l’accès à un reporting extensif, une vision « globale » qui ne se limite pas au prix.

Un « oui » qui s’accompagne néanmoins de quelques bémols, émis notamment par les TMC présentes dans la salle. Du côté de Carlson, on estime ainsi que la négociation d’un programme aérien global -peu efficace- doit céder la place à la négociation d’un programme optimisé, et beaucoup plus ciblé. Du côté de Travel Planet, on met en doute le traitement privilégié dont bénéficieraient les voyageurs issus de l’entreprise contractante, en soulignant que ce sont surtout les statuts des programmes de fidélité (et non les contrats corporate) qui décident du traitement prioritaire de tel ou tel passager. Enfin, plutôt que de perdre du temps et de l’énergie dans des tractations tarifaires incertaines, Voyagexpert conseille de s’appuyer sur des « prix cibles » sur les principales destinations -quitte à s’en remettre au best buy si les prix proposés par la compagnie sont au-dessus- et de concentrer sa négociation sur l’ouverture des classes : « Telle classe qui s’ouvre normalement 14 jours avant, on va essayer de la négocier à 7 jours et là on va générer des économies considérables ».

Alors, programme or not programme ? La question restera définitivement sans réponse pour une raison simple : malgré toute la finesse des outils technologiques disponibles pour délivrer de la donnée, il est impossible de pouvoir comparer réellement les deux options puisque le contexte d’un exercice n’est jamais le même que celui du suivant. « L’information doit systématiquement être remise dans le contexte du jour et l’analyse du passé ne suffit malheureusement pas à prédire le futur », comme le soulignait en fin de débat Lucien Isnard.