Le 8 septembre au soir, c’était le grand dîner-débat de rentrée pour l’AFTM à l’hôtel California (rue de Berri). Au menu : le sujet particulièrement bouillant des programmes hôteliers. Avec au coeur, cette question : est-ce que le jeu en vaut encore vraiment la chandelle ?

20160908_195324« On avait un programme hôtelier, que l’on a retiré parce que les voyageurs n’étaient pas satisfaits. Mais aujourd’hui, ils ne sont pas satisfaits non plus et on se pose des questions… »
A lui seul, le témoignage d’une des participantes du dîner-débat du 8 septembre résume le grand flou dans lequel sont plongés les responsables de la gestion des déplacements professionnels concernant leurs programmes hôteliers.
A l’évidence ; des doutes, il y en a, et la soirée s’est transformée par moment en thérapie de groupe, où l’on a regretté tour à tour la difficulté des voyageurs à comprendre ce qui se cache derrière un tarif, la préférence donnée par les hôteliers au yield management sur les négociations d’accords ou leur faculté à dévier des accords passés au préalable dans l’affichage des options disponibles. Et puis surtout, on a relevé la longueur du processus de construction d’un programme : « c’est au moins trois mois en partant de l’existant, encore plus long en partant de zéro, et la vérification du programme est elle aussi très chronophage » résumait Claude Lelièvre. Face à cette difficulté, plusieurs travel managers ont plaidé pour un changement de périodicité en passant à des négociations biennales plutôt qu’annuels. Plusieurs prestataires présents s’y sont montrés favorables mais il reste apparemment des réticences, notamment du côté de certains grands groupes hôteliers français…

Le « tout best buy » : pas pour demain

Face à ces difficultés, les gestionnaires du voyage peuvent être tentés de céder aux facilités du best buy mais, dans la réalité, la plupart d’entre eux optent désormais pour des solutions mixtes qui leur permettent d’accéder au meilleur des deux mondes : « on affiche le tarif de la société, le tarif best buy et le tarif le plus flexible. Mais quel que soit le tarif choisi, le voyageur devra toujours vérifier que les conditions sont bien compatibles avec les requis de sa mission » témoignait une travel manager.
Alors, « est-ce toujours judicieux de négocier un programme hôtelier ? » comme le demandaient en accroche les trois organisatrices de ce dîner-débat (Estelle Camusard, Marjorie Chauty, Isabelle Suchet). De l’avis quasi-général, la réponse à cette question reste positive, ne serait-ce que pour éviter les obstacles qui se dressent encore sur la route du « tout best buy » : l’absence de paiement centralisé, la difficulté à gérer pour les longs séjours ou encore les problématiques de sécurité.

LE « TIP » DU JOUR

155db5dA partir de quel volume cela vaut-il la peine de négocier ? Présent le 8 septembre au soir, Benoit Poron (HRS) a donné son point de vue chiffré sur la question :
« En-dessous de 250 nuitées par destination, cela ne vaut pas le coup de négocier, vous n’avez aucune chance d’obtenir un meilleur tarif que celui que vous donnera une centrale de réservation. Entre 250 et 2500 nuitées, la négociation commence à prendre du sens. Et elle devient nécessaire au-delà. »