Transports : le retard dans tous ses états

Connaissiez-vous l’AQST ? Nous non plus et pourtant l’Autorité de la Qualité de Service dans les Transports vient de publier un fort utile « Bilan de la qualité de service des transports de voyageurs en France » (lignes aériennes, lignes ferroviaires longue distance, TER, Transilien, RER) qui permet de mettre des réalités chiffrées en face de toutes les intuitions plus ou moins erronées que chacun peut concevoir sur ce thème, notamment sur la question des retards.
comprendre-les-causes-de-retard-des-volsCommençons par l’aérien : l’AQST note que la « régularité s’est sensiblement améliorée en 2015 par rapport à 2014 » avec « moins de 1% de vols annulés » et « moins d’un vol sur neuf en retard à l’arrivée ». Voilà pour le constat global, qu’il convient de détailler un petit peu.
Pour les vols domestiques, le taux de retard n’est que de 11% avec un retard moyen de 40 minutes et des situations très contrastées selon les lignes. Ainsi, si le premier prix de la ponctualité revient à la liaison Biarritz-Lyon (2% de vols de retard seulement), on trouvera au fond de la classe quelques liaisons radiales maudites où le ratio de vols retardés dépasse les 20% : Orly-Lorient, Orly-Quimper, Orly-Figari ou encore Orly-Lyon.
Sur le moyen-courrier (où le taux de vols retardés est d’environ « un vol sur cinq » contre « un vol sur quatre » pour le long courrier), ce sont les lignes depuis le Maghreb qui se distinguent -dans le mauvais sens du terme- puisque les liaisons Tunis-Orly, Alger-Orly et Djerba-Orly sont les seules à afficher plus de 40% de vols retardés ! Une « performance » malheureusement réalisée sur un nombre plus important encore de liaisons long courrier : Dakar-Roissy, Cayenne-Roissy, Abu Dhabi-Roissy, Shanghai-Roissy mais aussi Fort de France-Orly et Orly-Pointe à Pitre. La palme des liaisons les plus ponctuelles (moins de 15% de vols retardés à l’arrivée) se partage quant à elle entre les lignes Tokyo Narita-Roissy, Johannesburg-Roissy et Pékin-Roissy.
Côté ferroviaire, l’AQST relève que « la ponctualité s’est dégradée pour les différents services (International, TGV et TER), exceptées les liaisons Intercités et l’Île-de-France, pour lesquelles la ponctualité est en légère amélioration ». On notera ainsi que, contrairement à une tenace idée reçue, les « taux de retard observés pour les trains Intercités restent proches de ceux constatés en TGV » (autour de 11-12%), même si « les taux d’annulation sont plus élevés », avec quelques pics particulièrement choquants (comme la liaison Nîmes-Clermont Ferrand où les annulations dépassent les 10% dans les deux sens!). La situation reste cependant très contrastée et l’AQST relève notamment que « 8 liaisons affichent un taux de retard supérieur à 20% en 2015, ce qui est particulièrement préoccupant ».

Retards, toujours : focus sur le TGV

On pourra poursuivre ce tour d’horizon des dysfonctionnements des services de transport français avec ce bilan réalisé par 60 millions de consommateurs à partir des données de ponctualité publiées en open data par la SNCF. Un article qui permet de se rendre compte que la ponctualité des TGV est une affaire de saison (9,23% de trains retardés en mars contre 12,81% en juillet en moyenne sur les trois dernières années) mais surtout de destination. A la lecture du tableau des lignes les plus et les moins ponctuelles (image ci-dessous), on reste sidéré par l’écart de ponctualité entre les nouvelles lignes vers l’est celles, saturées, empruntant la vallée du Rhône. L’article se poursuit par un rappel -toujours utile- des règles en vigueur concernant la compensation en cas de retard : « la compensation se monte à un quart du prix du billet si le retard est compris entre 30 minutes et 1h59, à 50% entre 2 heures et 2h59 de retard, et à 75% au-delà. Toutefois, ces conditions s’appliquent seulement aux TGV classiques. Les compensations sont moins généreuses (aucune compensation au-dessous d’une heure de retard, plafonnement à 50%) sur les trains iDTGV et Ouigo ».

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Source : 60 millions de consommateurs

Stress du voyageur : priorité aux anciens

Non, le voyage d’affaires ne fait pas forcément rêver : selon une étude réalisée par Opinion Way pour Axys Consultant, il est même considéré par une source de stress par un tiers des 500 personnes interrogées (salariés ayant effectué au moins quatre déplacements professionnels dans l’année). En tête des raisons susceptibles d’expliquer ce stress, on retrouvera « la crainte du retard pour 61% des personnes interrogées, l’inutilité du déplacement pour 52%, l’impossibilité de s’organiser suffisamment à l’avance pour 32% mais aussi le manque d’informations pratiques (28%), le dépassement des dépenses (25%) ou encore la crainte de perdre ses bagages (22%) ». On note cependant un fort contraste dans l’échelle du stress selon l’âge du salarié interrogé. La tranche des 18-34 ans, qui se déclare également « mieux disposée à l’égard des nouveaux services offerts par le marché comme Uber, Airbnb, ou le covoiturage » trouve également « davantage de plaisir au voyage d’affaires (50% contre 34% pour les plus de 35 ans) » note ainsi OpinionWay.

Passeports : la pré-demande se généralise

Voilà une nouvelle qui devrait soulager vos voyageurs contraints de faire une demande ou un renouvellement de passeport : testée depuis le début de l’année dans quatre départements de l’est de la France, la pré-demande de passeport en ligne a été étendue à l’ensemble de la France le 1er juillet dernier. Plus besoin d’aller chercher son petit formulaire CERFA n°12100*02 en mairie, donc : le demandeur peut désormais remplir sa pré-demande sur le site de l’Agence National des Titres Sécurisés. Bon, ne rêvons pas non plus : il lui faudra quand même passer ensuite en mairie pour montrer sa bobine et présenter ses justificatifs et son timbre fiscal…