Air France : l’avenir de la clientèle affaires interroge

Comme pour toutes les grandes compagnies, la baisse durable du marché affaires pose question.

Comment anticiper la possible sinon probable diminution des voyages d’affaires ? Pour les grandes compagnies historiques, dont le modèle économique repose sur le segment affaires (rappelons qu’il représente en moyenne 15% de leur trafic mais 40% des recettes et plus de 80% de la marge), le sujet est épineux.

Anne Rigail, la directrice générale d’Air France, dans un entretien à La Tribune (Lire ici), concède que la situation « nous amène à rechercher la plus grande flexibilité possible dans l’adaptation des configurations cabines. » A la question de savoir s’il y aura à l’avenir moins de sièges haute contribution dans les avions d’Air France, Anne Rigail réaffirme « le positionnement premium de la compagnie » mais botte en touche : « Nous retravaillons en permanence la taille respective de chaque cabine pour trouver la meilleure efficience globale avec toujours une volonté d’excellence dans l’expérience client. »

Une chose est sûre en revanche : la compagnie Transavia jouera un rôle clé dans l’avenir d’Air France. Une nécessité compte tenu du déficit chronique du réseau court et moyen-courrier de la compagnie et de l’affirmation du modèle low cost, donné comme grand gagnant de la future sortie de crise.

L’excellent Fabrice Gliszczynski a révélé le plan de développement de Transavia (Lire ici) : « Sa flotte doit en effet passer de 40 appareils à 48 cet été (…) et le plan de croissance prévoit un doublement d’ici à l’été 2025, à 80 avions. »

Sur quelles destinations ? « Ce développement se focalisera sur le réseau intérieur français, à la fois au départ de Paris et pour les lignes régions-régions, mais aussi vers l’Europe et le bassin méditerranéen. Dans le même temps, Air France et Hop réduiront la voilure sur le court et moyen-courrier. »

Le rédacteur en chef adjoint de La Tribune précise : « La crise sanitaire constitue une opportunité pour Transavia de rattraper son retard sur les autres compagnies low cost présentes dans l’Hexagone. (…) En effet, la filiale d’Air France n’avait pas le droit d’opérer des vols domestiques. Un accord de périmètre d’activité avec les pilotes d’Air France l’interdisait. La situation s’est débloquée l’été dernier avec la signature d’un nouvel accord. »

En attendant, il faut passer le cap de la crise, Anne Rigail révélant qu’Air France « continue de perdre toujours plus de 10 millions d’euros par jour. »

François-Xavier Izenic, rédacteur associé de l’AFTM