Depuis une dizaine d’années, quand je pénétrais dans la salle d’une conférence sur le travel management, je m’attendais à ce que le présentateur fasse son entrée en scène sur le tube intemporel « Money ». Ah, nous en avons mangé des low-cost, best buy, cost killing et autres big datas, jusqu’à l’overdose …

Certes, la crise n’est pas terminée (en sortirons-nous d’ailleurs un jour ?) mais depuis quelques mois, je sens comme une bouffée d’air : le pragmatisme est à nouveau d’actualité.

Tenez, par exemple, le dernier Executive Forum BATM/ACTE qui s’est tenu à Bruxelles ce 4 février : figurez-vous qu’on y a – aussi – parlé de travel mangement ! Et pas que… On a évoqué le voyageur, son accompagnement, la responsabilité sociale, les services, bref : notre métier.

A force de se focaliser sur les coûts, on en avait presque oublié que le travel management, c’était aussi faire voyager des hommes et des femmes dans des conditions leur permettant d’accomplir une mission, en respectant des règles de sûreté adéquates, le tout avec un maximum d’efficacité. Certes, on n’a pas gommé que tout cela a un coût mais maintenant que tout le monde l’a compris et intégré, à quoi bon le rabâcher sans cesse ? Cet individu que l’on appelle communément « voyageur » est généralement doté d’un cerveau. Si vous le tenez en permanence dans le joug des cost-killers, vous n’en tirerez à terme qu’amertume et comportement égoïste. Il n’aura alors de cesse d’utiliser sa matière grise pour rechercher des moyens de contourner les chaussetrappes que vous placez sur son chemin.

Ainsi on parle à nouveau de service, de bon sens, de responsabilisation. Peut-être a-t-on compris que les générations montantes savent communiquer, les bons plans comme les mauvais, et qu’il vaut mieux les avoir dans son camp que dans celui d’en face.

Alors, si nous abandonnions un peu le côté sombre fait exclusivement de calculatrices et de feuilles Excel pour nous consacrer à nouveau à notre vrai métier ?