L’écotaxe, la partie émergée de l’iceberg

Au-delà de l’écotaxe, d’autres propositions de la convention citoyenne pour le climat effraient les transporteurs aériens.

L’écotaxe fait parler et soulève l’indignation des professionnels de l’aérien. Selon l’étude d’impact des propositions de la convention citoyenne pour le climat réalisée par l’administration, cette écotaxe de 4,2 milliards d’euros provoquerait entre 120 000 et 150 000 suppressions d’emplois directs et engendrerait une chute de trafic de 14 à 19%.

Mais ce n’est pas tout. Comme le détaille le journal La Tribune (Lire ici), « l’impact des propositions de la convention citoyenne va bien au-delà de cette écotaxe. Il y a en effet une autre mesure choc qui vise « à organiser la fin du trafic aérien d’ici à 2025 sur les lignes où il existe une alternative bas carbone satisfaisante en prix et en temps » sur un trajet d’au moins 4 heures ».

Résultat : « une telle interdiction provoquerait la suppression de 30 liaisons aériennes intérieures de plus de 10.000 passagers annuels. (…) Une interdiction des vols sur les lignes assurées également par le train en moins de 2h30, comme l’a prévu le gouvernement, entraînerait quant à elle la suppression de 8 liaisons intérieures ».

Et pour ne rien arranger, il n’y aurait pas d’exception pour les vols en correspondance. L’étude précise ainsi que « « la mesure ne conçoit pas d’exception pour les vols dont l’utilité est d’assurer la correspondance entre un aéroport de province et les hubs de Paris et de Lyon », contrairement à ce que prévoit aujourd’hui le gouvernement, qui s’est bien gardé néanmoins de nommer les hubs ».

« Autrement dit, explique le journaliste, un passager nantais souhaitant se rendre à New York préfèrera peut-être emprunter un vol de British Airways pour prendre une correspondance à Londres plutôt que le TGV pour se rendre à Roissy. Une baisse du trafic pré et post-acheminement vers les hubs qui ferait perdre la puissance du hub de Roissy obligerait son principal opérateur, Air France, à réduire la voilure sur le long-courrier ».

Des mesures qui tombent à pic pour un transport aérien dévasté depuis six mois.

François-Xavier Izenic, rédacteur associé de l’AFTM