Il n’y a pas que les fleurs qui poussent au printemps. Les taxes aussi. 
Le 1er avril prochain, la «taxe de solidarité sur les billets d’avion» -plus connue sous le surnom de «taxe Chirac» – augmentera de 12,7%. Lors du dîner-débat sur les achats aériens du 3 février, on a pu entendre quelques voix s’élever parmi les représentants des compagnies pour appeler tous les professionnels du secteur à se mobiliser contre cette augmentation venue de nulle part et, plus généralement, à faire preuve de vigilance vis-à-vis de législateurs qui «persistent à penser que l’avion, c’est pour les nantis». De fait, on peut effectivement se demander pourquoi il a été choisi de remettre en lumière cette taxe qui, pour être honnête, aurait tout intérêt à vivre dans la plus grande discrétion.

Souvenez-vous, c’était en 2005. Portée sur les fonds baptismaux par Jacques Chirac et Lula, sous l’oeil bienveillant de Nelson Mandela, la «taxe de solidarité sur les billets d’avion» était le prototype plein d’avenir du financement de l’aide au développement par les « activités bénéficiant de la mondialisation » (?). Pionnière en la matière, la France allait bientôt convertir au concept -promis, juré- ses voisins, ses alliés et bientôt le monde entier. Bilan neuf ans plus tard : cette taxe n’est appliquée que par neuf pays parmi lesquels quelques grandes nations de l’aviation civile internationale comme le Niger, le Mali, le Cameroun, l’île Maurice et Madagascar…

Le reste du monde a probablement échoué à répondre à cette question effectivement épineuse : «mais pour quelle raison l’aide au développement devrait-elle peser sur le passager aérien ?»…