Un Gillespie sinon rien

La dernière chronique de Scott Gillespie, on l’apprécie, on la déguste, on s’en délecte !

 Ce n’est pas faire preuve de grande originalité que d’affirmer que Scott Gillespie est l’un des meilleurs observateurs du secteur des voyages d’affaires. Sa dernière chronique dans Business Travel News (Lire ici) est une nouvelle fois éclairante.

Son titre est volontairement alarmiste : Echouez à ce test et notre industrie mourra. Diantre, que veut-il dire par là ? De quel test s’agit-il ? Selon lui, « le secteur du voyage d’affaires est confronté à une menace post-covid beaucoup plus importante » que le Covid lui-même qui « avec le temps sera vaincu ». Cette menace c’est le « test du retour sur investissement : ce voyage en vaudra-t-il le coût et le risque ? »

Il explique ainsi que « les risques liés au voyage sont perçus comme très élevés alors que le substitut au voyage, la réunion Zoom, est désormais largement acceptée. Les risques du Covid diminueront mais le coût d’une réunion Zoom restera bon marché ». Or, « ce substitut de voyage peu coûteux et bien accepté rend difficile la justification d’un nombre certain de voyages. Si vous échouez trop souvent à ce test de retour sur investissement, notre industrie va s’éteindre ».

Pour Scott Gillespie, le calcul de ce ROI est la grande difficulté, car trop subjectif. Les responsables des budgets voyages doivent donc avoir les bonnes réponses aux trois questions suivantes :

  • Avons-nous une idée Claire des objectifs, des coûts et des risques de ce voyage ?
  • Est-ce que nos voyageurs et ceux qui les accueillent à destination sont à l’aise avec ce voyage ?
  • Une rencontre en personne augmentera-t-elle nos chances de réussite ?

Scott Gillespie est formel : « c’est autour de cette dernière question que l’ensemble de la chaine de valeur du voyage d’affaires doit se rallier ». Comment : en mettant davantage en avant tous les bénéfices de la rencontre humaine, et en toute sécurité. Il plaide ainsi pour « une grande campagne marketing des fournisseurs du voyage d’affaires qui soit une source d’inspiration, qui brosse un tableau des idées et des émotions fortes qui se dégagent des rencontres physiques, (…) qui mettent en avant notre avantage concurrentiel unique, à savoir le pouvoir de créer des liens précieux ».

Et de finir par un conseil très américain : « mettez l’accent sur la victoire, le travail d’équipe et l’avantage concurrentiel ! »

François-Xavier Izenic, rédacteur associé de l’AFTM