Gilles Bobichon : « une année 2020 équivalente à 2019 »

Le directeur de l’activité Notilus, et co-fondateur de Dimo Software s’est prêté au jeu de l’interview pour ces 11e « Entretiens de l’AFTM ». Voici quelques-unes de ses citations les plus marquantes.

Quelle reprise ?

« La réouverture va être progressive, conditionnée par la vaccination. On n’a pas tous été impacté de la même façon. Avec le phénomène estival, les compagnies aériennes vont pouvoir redémarrer leur activité comme la SNCF d’ailleurs, mais on n’aura rien de bien significatif avant le dernier trimestre. » 

Quel bilan pour Notilus ?

« D’un point de vue économique, Notilus s’en est bien tiré, on a fait une année 2020 équivalente à celle de 2019. Notre modèle n’est pas à la transaction, on rend un service global et sur la partie expense et mobility, l’activité ne s’est pas arrêtée et l’usage de nos applications est resté soutenu. Sur la partie travel, ce fut plus compliqué en effet. On est un éditeur de solutions, et donc notre modèle est à l’abonnement, à l’usage de l’application, ce qui nous préserve contrairement aux TMC. » 

Le potentiel du marché de la note de frais ?

« On ne fait pas uniquement de la note de frais mais ce marché reste encore à équiper. Les entreprises du CAC 40 le sont en totalité, les ETI à 25%, et beaucoup de PME le sont aussi. Je dirais qu’il n’y a pas de freins mais plutôt des priorisations de projet. Et avec la pandémie, il y a une prise de conscience supplémentaire. » 

Le téléphone portable ?

« L’usage du smartphone s’est démocratisé, 60 à 70% de nos clients l’utilisent désormais. Notilus, c’est une application sur ordinateur mais aussi sur téléphone et on peut utiliser les deux. Mais clairement, l’usage a tendance à se massifier sur le téléphone. Cela dépend aussi de la stratégie des entreprises et de leur parc de téléphones. »

Quid du système OCR qui permet de photographier ses reçus ?

« On fait ça avec Notilus depuis de nombreuses années, l’idée c’est le zéro effort. A partir d’un acte comme un déjeuner par exemple, je vais pouvoir prendre une photo du reçu, et l’OCR s’occupe de tout. On a l’objectif d’attendre 100% de qualité de lecture. On n’est pas loin, entre 90 et 97% selon les normes des pays. C’est associé autour d’une démarche d’intelligence artificielle qui fera en sorte de déduire tout de ce qui est lu sur la photo. Sur le traitement des justificatifs, on fait 230% de croissance sur les 12 derniers mois ! On a multiplié par 2,3 le volume de justificatifs traités par ce biais. Donc ça marche et c’est efficace. »

Notilus et le travel ?

« Notilus est une plateforme de services complète autour du mobility management. On va donc gérer à la fois l’expense management, le travel management et le fleet management. On apporte des services qui couvrent l’ensemble de la chaine. Depuis de nombreuses années, on a mis en œuvre des connections avec l’ensemble des SBT, avec les GDS, la SNCF, CDS, Carbookr… L’objectif est d’unifier cette démarche pour apporter de la valeur à nos clients. Et nos clients peuvent choisir une des briques, ils ne sont pas obligés de prendre tout. »

Notilus et le paiement ?

« Les liens entre la note de frais et le paiement sont naturels : on a une facture, on a donc une transaction financière et l’objectif est de faire matcher le paiement et la facture. » 

Les solutions techniques sont-elles matures ? 

« Aujourd’hui, on parle beaucoup d’intelligence artificielle et il y a encore beaucoup à faire. Simplicité et fluidité des opérations, dans les contrôles, dans les audits : nos utilisateurs ne sont pas seulement les voyageurs mais aussi les comptables, les auditeurs, les fleet managers…. Notilus doit apporter nativement des services à ses utilisateurs. »

Combien de clients ?

« Aujourd’hui on revendique 1500 clients, mais la course aux clients ne veut pas dire grand-chose. » 

Le voyage d’affaires post-Covid ?

« Le distanciel s’est imposé avec la crise. Mais on a soif de contacts et d’échanges. Il y aura moins de déplacements qu’avant. Mais il faut trouver le bon dosage. Par ailleurs, on a atteint les limites du modèle où plus je consomme, plus je gagne. Alors que ces sociétés (les TMC) ont des vraies compétences et des vrais savoir-faire. Il doit y avoir une remise en cause pour que ces sociétés puissent se développer. Pour les entreprises, c’est important d’avoir des fournisseurs forts. »

François-Xavier Izenic, rédacteur associé de l’AFTM