Les travel managers réfléchissent à la manière dont les entreprises peuvent reprendre les voyages, cela en vaut-t-il la peine ? s’interroge le journal en ligne Skift.

Dans cet excellent papier, le journaliste se demande si les efforts des travel managers pour remettre leurs voyageurs d’affaires sur les routes se justifient tant règne la confusion sur les pays ouverts ou pas et sur les différences de protocoles sanitaires des fournisseurs. « Ils recherchent une formule magique, dit-il, en travaillant sur ce que l’on appelle communément un document de retour au voyage, qui définit les procédures d’approbation et autres processus visant à rassurer à la fois les salariés et les chefs d’entreprise ».

Pour donner une idée du niveau de détail auquel sont confrontés les travel managers, Skift s’est procuré un fameux document de « retour au voyages » d’une entreprise dont il garde le nom secret, et qui comporte les sections suivantes sur 18 pages : « Objectifs ; À propos de Covid-19 ; Sécurité des réservations de voyage ; Cotation iSOS des risques de voyage et médicaux ; Restrictions gouvernementales/immigration ; Restrictions des voyages aériens ; Considérations à l’arrivée ; Sécurité des transports terrestres ; Sécurité des hôtels ; Sécurité des bureaux ; Sécurité des événements ; Conditions pour les voyageurs ; Urgences et imprévus ; Assistance d’urgence 24/7/365 ; et Procédures de communication ». Le journaliste ajoute « qu’avant la pandémie, il aurait été risible de parler d’une liste de contrôle pré, pré, pré-voyage (a pre, pre, pre-trip checklist) mais qu’aujourd’hui c’est la réalité ». Des propos confirmés par Dan Schwartz, responsable des achats indirects pour les voyages internationaux chez Allegion : « Nous donnons aux gens des listes de pré, pré, pré-contrôle pour commencer à penser aux voyages. Ont-ils préparé un kit d’équipement de protection individuelle ? Ont-ils passé en revue toutes les informations de leur profil pour s’assurer qu’elles sont à jour ? ».

De nombreux travel managers finalisent également leur processus d’approbation préalable au voyage où, dans certains cas, seul le décideur le plus haut placé peut autoriser une réservation. « Nous intégrons la direction générale dans la première phase du retour, je m’inquiète de la rapidité », a déclaré Greg Wilczek, responsable des voyages internationaux du Crédit Suisse. De son côté, Andy Cassidy, travel manager de la société de médias AMC Networks International révèle « qu’il y aura un processus d’approbation solide, et avant cela un quiz de formation pour les voyageurs. C’est un quiz en 10 points pour bien faire comprendre que nous ne retournons pas à la normale. Une fois qu’ils ont réussi le quiz, ils peuvent réserver des voyages. Puis ensuite 4 niveaux d’approbation ». Pour l’ensemble des travel managers interrogés par le journaliste, la formation est une étape clé du retour au voyage, fruit « d’un travail avec les ressources humaines pour s’assurer que les salariés sont conscients du paysage futur ».

Certains se plaignent toutefois de la trop grande diversité des protocoles sanitaires mis en place par les fournisseurs, notamment les hôteliers. Ils insistent sur l’importance de la centralisation de ces informations et évoquent l’idée de regrouper et définir ces normes sous forme de codes simples que pourraient adopter les outils de réservation. Et ça, ce n’est pas le moindre des casse-têtes.