Entretien exclusif avec Gilles Bobichon, Directeur activité Notilus et co-fondateur DIMO Software

Un rendez-vous mensuel exclusif en live !

D’une durée de 40 minutes, diffusés sous le format d’un « webinaire live » et ouverts à tous, ces entretiens sont dirigés par François-Xavier Izenic, journaliste et conférencier.

Cet échange doit permettre de poser toutes les questions des membres de l’association et d’apporter des réponses concrètes aux enjeux de l’industrie des déplacements professionnels et de la mobilité.

Le prochain partenaire à se prêter à cet exercice « exigeant » est Notilus.

Après des études informatiques puis de gestion et d’une première expérience professionnelle dans l’activité des logiciels financiers, Gilles Bobichon co-fonde en 1995 Dimo gestion qui deviendra en 2015 Dimo Software en charge du marketing et de la communication mais aussi de la création et de l’essor de la solution de mobility management, NOTILUS. Dimo Software c’est à ce jour 41 m€ de chiffre d’affaires – 410 pers – 6000 clients dans 100 pays – 7 implantations


Franck Monsauret : « Une reprise progressive »

Franck Monsauret : « Une reprise progressive »

Le responsable d’Uber for Business en France a répondu à nos questions pour ces 10e Entretiens de l’AFTM. Voici quelques-unes de ses citations les plus marquantes. 

Quelle reprise ?

« Télétravail et mobilités ne font pas bon ménage, or les entreprises se positionnent sur des retours progressifs. On attend donc un vrai rebond en septembre mais ce sera une reprise progressive sur des mois et même des années. Cette crise va laisser des traces avec de nouvelles habitudes de travail et de déplacement. En revanche, on anticipe une bonne reprise cet été grâce aux loisirs. » 

Uber for business, c’est quoi ?

« C’est une plateforme qu’on a positionné au-dessus de nos applications qui permet aux sociétés d’avoir de la visibilité, du contrôle et de mettre en place des règles de gestion sur l’utilisation de nos solutions par leurs salariés. Pour le voyageur, on facilite les connections avec l’écosystème du business travel, comme les solutions de notes de frais. Par ailleurs on souhaite élever l’expérience utilisateur par rapport à l’offre grand public avec des produits spécifiques, des véhicules et des chauffeurs dédiés. »

Uber for business, à quel prix ?

« Pas de coût supplémentaire pour l’entreprise qui à l’inverse fait des économies en utilisant nos services. Les utilisateurs business sont intéressants pour nous, ils sont moins volatiles que les utilisateurs loisirs et le prix moyen des courses est plus élevé. Et dernier point : quand on a une relation contractuelle avec nous, les entreprises achètent mieux et peuvent faire des économies d’échelle. » 

Uber eat, une offre entreprises ?

« Depuis plusieurs années, le modèle de restauration d’entreprises est remis en question. La crise a accéléré cette transition. On permet donc à la fois aux salariés d’accéder à des repas partout dans le monde et aux sociétés de prendre en charge tout ou partie des déjeuners de leurs employés. Cela dépend évidemment de leur politique en la matière. Notre solution permet de paramétrer ces règles au sein de l’application. Cela facilite la gestion, tout est fait automatiquement. »

Quid du maas ?

« On veut être une plateforme de mobilités qui permet d’aller d’un point A à un point B en utilisant différentes formes de transport : trottinettes (pour des trajets moyens inférieurs à 2 km), des vélos électriques (3 km), des scooters (4km) et puis des VTC (9km). »

Quels objectifs écologiques ?

« On a pris deux engagements en France : plus de véhicules diesel en 2024, et 50% de véhicules électriques en 2025. Par ailleurs, on a été les premiers à avoir une option de partage des courses dans l’application afin de regrouper le plus de passagers dans le véhicule. On l’a d’abord testé dans le loisir mais on l’a étendu aux entreprises. » 

François-Xavier Izenic, rédacteur associé de l’AFTM

 

Zoran Jelkic : « les efforts écologiques vont devenir un avantage compétitif »

Le directeur général France d’Air France a répondu à nos questions pour ces 8e Entretiens de l’AFTM. Voici quelques-unes de ses citations les plus marquantes. 

 

Quelle activité au premier trimestre ?

« On est à un niveau d’activité de l’ordre de 40% mais le segment affaires, qui est le plus impacté, ne dépasse pas les 20%. En termes de programme de vol, on couvre à peu près toutes les destinations même si on a diminué les fréquences évidemment. Des secteurs s’en sortent mieux, comme la construction ou le service public. Plus globalement, le trafic domestique, le trafic affinitaire sur les Dom et sur l’Afrique et bien sûr l’activité cargo résistent bien. »

 

Quelle reprise ?

« On fait le pari de la reprise pour l’été, en espérant que la vaccination fasse son effet. D’ailleurs, on commence à avoir un peu de réservations pour l’été. On a vu dans le passé récent que la reprise pouvait être rapide, l’appétence aux voyages reste intacte. Avant une reprise plus franche en septembre. »

 

La reprise passe-t-elle par Transavia ?

« Le réseau domestique était la principale poche de perte, 219 millions d’euros en 2019, et c’était insoutenable. La crise sanitaire a accentué l’urgence d’un changement de modèle. On était coincé entre la concurrence du TGV et celle des low cost. Pour résister, il fallait accélérer le déploiement de Transavia. A l’été 2023, Air France restera présent sur les navettes, l’alimentation du hub de Roissy et sur le hub de Lyon. Tout le reste sera opéré par Transavia. Air France restera donc sur des routes à dominante affaires. Par ailleurs, le chiffre d’affaires de Transavia est désormais inclus dans le contrat corporate et le contact commercial chez Air France reste le même. Une précision à l’égard des TMC : il n’y aura pas de rémunération sur les ventes de Transavia car on a souhaité préserver le modèle low cost de la compagnie. » 

 

Une guerre des prix à venir ?

« Sur le court et moyen-courrier, les grosses low cost résistent mieux à la crise car elles sont globalement moins impactées que les grandes compagnies et elles sont sur le segment qui résiste le mieux. Je ne vois donc pas d’évolution tarifaire sur ce segment. Sur le long-courrier, je vois encore un déséquilibre entre l’offre et la demande et je ne vois pas non plus une inflation des prix. Je crois donc à une stabilité des prix. »

 

Quelles conditions commerciales ? 

« Depuis le début de la crise on est resté très en contact avec nos clients. Concernant les contrats corporate, on renouvelle les conditions de remise de 2019 sur 2021 alors que les volumes n’ont rien à voir. On cherche aussi à avoir une plus grande couverture de nos contrats : on tient désormais compte des zones géographiques et non plus des routes précises. Et le point majeur : la flexibilité. Tous nos clients peuvent se faire rembourser ou modifier sans frais leurs billets. Et concernant la carte d’abonnement, on a l’a prolongé de six mois en 2020 et très récemment on l’a à nouveau prolongé de trois mois. » 

 

Quelle surcharge GDS ?

« On rendra public bientôt le montant de la surcharge assortie aux réservations via Amadeus, on parle de quelques euros par segment. » 

 

Le marché affaires : une baisse inéluctable ?

« De façon conjoncturelle, les voyages d’affaires vont baisser en raison de la crise économique. Ensuite, de façon structurelle, oui, il y aura un impact mais la visioconférence ne peut pas remplacer tous les déplacements. IATA dit que le niveau de 2019 ne sera pas là avant 2024 ou 2025, on adaptera donc nos capacités. Mais il faut savoir que 50% de nos clients de la classe avant ne voyagent pas pour motif affaires. » (Selon un sondage réalisé en direct lors du webinaire, 80% des votants affirment que les voyages d’affaires vont diminuer après la crise du Covid). 

 

Quelle dimension écologique ? 

« On essaie d’embarquer nos clients corporate avec nous autour de nos engagements, c’est-à-dire moins 50% de CO2 par passager/km à horizon 2030 par rapport à 2005. Et sur le domestique, c’est à horizon 2024. Deux dispositifs : l’absorption des voyages des collaborateurs via des projets de captation et de séquestration de carbone, et le deuxième, des biofuels de deuxième génération. Notre ambition, c’est en effet de développer une filière de biofuels en France. Cela peut devenir un avantage compétitif si les clients corporate se tournent vers les compagnies les plus vertueuses. » (Selon un sondage réalisé en direct lors du webinaire, 57% des votants pensent que les entreprises vont moins prendre l’avion pour des raisons écologiques).

 

François-Xavier Izenic, rédacteur associé de l’AFTM

CDS Groupe et l'IFTM Top Resa produisent le Grand Live du Voyage d'Affaires

Le 21 janvier prochain !CDS Groupe et l’IFTM Top Resa ont le grand plaisir de coproduire le Grand Live du Voyage d’Affaires !

Il s’agit d’un événement hybride unique dans le paysage du Business Travel ! La crise pandémique va-t-elle changer durablement les déplacements professionnels tels qu’on les connaissait ?

Identifier les bonnes réponses à cette interrogation, c’est redonner toute sa valeur au déplacement professionnel et retrouver sans doute le chemin d’une reprise durable. C’est le défi, vital, auquel font face tous les acteurs, fournisseurs et entreprises, individuellement et collectivement.

Rassembler les professionnels tous solidaires autour de cet objectif : telle est l’ambition affichée et assumée de ce Grand Live du Voyage d’Affaires. Ils participeront le 21 janvier prochain :

  • Les associations professionnelles : AFTM, APECA, GBTA France, Marco Polo, les EdV ;
  • Les cabinets de conseil : AREKA, AXYS ODYSSEY, EPSA, JKAC ;
  • Des dirigeants de l’hôtellerie d’affaires, des TMC et des compagnies aériennes ;
  • Des experts des moyens de paiement ;
  • Des travel managers et des acheteurs de tout horizon.

Le programme ainsi que la page du #GLVA seront dévoilés le 5 janvier prochain. En attendant, vous pouvez vous préinscrire ci-dessous (cela nous permettra de vous faire parvenir une invitation personnelle).

À très vite..

Ils interviendront durant le Grand Live du Voyage d’Affaires


 

 

Climat : les actionnaires accentuent la pression

Climat : les actionnaires accentuent la pression
Certains actionnaires, inquiets des risques financiers liés au changement climatique, poussent les entreprises à respecter les objectifs de l’Accord de Paris.
Une fois n’est pas coutume : puisque l’AFTM vient de publier son livre blanc sur la RSE, permettons-nous exceptionnellement de sortir du cadre stricto sensu du voyage d’affaires dans cette rubrique. Le journal Les Echos (Lire ici) raconte ainsi que, fin octobre, « à l’occasion de l’assemblée générale annuelle du gestionnaire d’aéroports espagnol Aena, ses actionnaires, appuyés par l’activiste Chris Hohn du fonds TCI, ont voté en faveur d’un plan d’action contre le changement climatique. »
Il convient de rappeler ici que Chris Hohn est une personnalité atypique. Ce financier de haut vol, annobli par la reine en 2014 pour ses activités philanthropiques en faveur des enfants dans les pays en développement, possède une fortune personnelle estimée à plus de 1 milliard de £. A la tête du hedge fund TCI, il se concentre sur quelques grands groupes et reste longtemps au capital afin de peser sur leur stratégie. Devenu l’un des hérauts de la lutte contre le réchauffement climatique, Chris Hohn affirme que « l’actionnaire doit être moteur des changements sociétaux. »
Cette histoire est révélatrice d’une tendance car désormais, écrivent Les Echos, « les investisseurs de long terme, pour qui le changement climatique est porteur d’importants risques financiers, ont pris l’habitude de se regrouper pour faire pression sur les entreprises dont ils sont actionnaires. Dernière initiative en date : la publication par 38 d’entre eux (représentant 9.300 milliards de dollars de capitaux sous gestion), des « Attentes des investisseurs en matière de comptabilités alignées sur les Accords de Paris. »
Et l’article de poursuivre : « Dans cette note d’une vingtaine de pages, des gestionnaires d’actifs internationaux comme JP Morgan AM, Fidelity, Robeco, DWS, Aegon AM ou Nordea et des grands fonds de pension anglo-saxons, demandent aux grandes entreprises que les risques financiers concrets liés au climat soient pleinement intégrés dans leurs états financiers, et pas seulement dans un reporting extra-financier séparé. »
Les entreprises sont prévenues. La note du groupe des investisseurs institutionnels pour le climat (IIGCC) ainsi qu’une lettre ont été envoyées à 36 géants européens (plus exactement, à leur président du comité d’audit) de l’énergie, des matériaux et des transports. Plusieurs groupes français figurent parmi eux, notamment EDF, Engie Air Liquide, Arcelor Mittal, Saint-Gobain, PSA et Renault.
L’auteur conclut : « Selon les investisseurs, les groupes en question sont mal partis pour atteindre l’objectif de « zéro émission » en 2050. Un véritable rappel à l’ordre. »
Voilà en tous cas une raison supplémentaire pour les travel managers de s’emparer énergiquement du dossier RSE !
François-Xavier Izenic, rédacteur associé de l’AFTM

Formations en distanciel aux métiers du Travel Management… les inscriptions, c’est maintenant !

 
Elles seront animées à partir du 7 décembre à distance dans un format revu pour répondre aux problématiques actuelles que rencontrent les Travel Managers, gestionnaires de voyages et acheteurs voyages.
Alors que toute la profession s’interroge sur l’impact réel de la crise actuelle et sur les contours du métier dans le « monde d’après », il n’est plus que jamais important de rester à jour dans ses connaissances du périmètre Voyages et Déplacements.
Politiques voyages, contrôle des dépenses, workflow, sûreté, développement durable et RSE… tous ces thèmes seront abordés à travers les différents modules sous forme de blocs de compétences spécifiques.
Une occasion à ne pas manquer pour continuer à apporter de la valeur ajoutée à vos organisations !
Pour tout renseignement ou inscription, rdv ici sur le site AFTM
 
Les prochaines sessions à distance :

  • Elaborer et diffuser en interne les règles et procédures de la politique voyages (Bloc 1 du CAGDP) : 7 et 8 décembre 2020
  • Organiser les déplacements professionnels (Bloc 2 du CAGDP)  : 11 et 14 décembre 2020
  • Négocier et acheter des prestations de voyage, assurer le contrôle de gestion (Bloc 3 du CAGDP) :  15 et 17 décembre 2020
  • Configurer des solutions supports à la gestion des voyages (Bloc 4 du CAGDP) : 7 et 8 janvier 2021
  • Adapter la gestion des voyages à la politique générale de l’entreprise (Bloc 5 du CAGDP)  : 11 et 12 janvier 2021
  • Gérer les ressources humaines et la communication (Bloc 6 du CAGDP)  : 21 et 22 janvier 2021

 

Une dynamique soutenue pour les formations AFTM

 

Pour répondre à des nouveaux besoins et aux limitations de déplacements mises en place par certaines entreprises depuis plusieurs mois, toutes les formations du dispositif AFTM sont accessibles en distanciel. L’offre en présentiel est maintenue dans le respect d’un protocole sanitaire strict répondant aux exigences actuelles.

C’est ainsi que depuis mars dernier, nous avons pu assurer une continuité de l’activité ; 38 personnes ont bénéficié d’une action de formation en Travel Management avec un niveau de satisfaction à 95% (source : enquêtes post formation réalisées auprès des stagiaires) .

Pour renforcer la professionnalisation du métier et ouvrir vos compétences sur les besoins de demain, l’AFTM continue de vous proposer des nouveaux stages, voici les prochaines dates :

  • Fondamentaux du Travel Management (CAGDP 1) : novembre 2020 (Paris) – décembre 2020 (à distance)
  • Professionnalisation du Travel Management (CAGDP 2) : décembre 2020 (Paris) – janvier 2021 (à distance)
  • Sélectionner et déployer son agence de voyages : novembre 2020 (Paris) – juillet 2021 (à distance)
  • Reporting du Travel Manager : janvier mars 2021 (Paris) – mai juin 2021 (à distance)
  • Prise en compte de la sûreté dans le TM : décembre 2020 (Paris) – mars 2021 (à distance)
  • Marché hôtelier, quelle solution pour mon entreprise : décembre 2020 (Paris) – avril 2021 (à distance)

Autre actualité, l’offre de formation de l’AFTM vient de franchir un nouveau cap avec l’obtention de la Certification Qualiopi par l’organisme partenaire Atlans. Après le Datadock, cette certification représente une nouvelle reconnaissance du savoir faire et de la qualité des formations dispensées. Cela renforce le niveau des formations et permet de préparer sereinement l’avenir avec le soutien des financements OPCO, France Compétences et autres financeurs de la Formation Professionnelle.

Retrouvez tous les détails et pré-inscrivez-vous sur notre nouvel espace Formation : https://www.aftm.fr/les-formations/

TMC : quel modèle pour demain ? Les points à retenir

Le webinar du 1er octobre a encore fait le plein avec plus de 200 participants. Cinq intervenants ont répondu aux questions de l’animateur François-Xavier Izenic et des internautes : Solenn Le Brazidec, directrice générale France et Suisse de FCM Travel Solutions, Sébastien Calmejane, directeur du développement de Supertripper, Eric Ritter, président de VoyagExpert, Pascal Jungfer, CEO Areka Consulting et Claude Lelièvre, vice-président de l’AFTM.

Est-il urgent de revoir le modèle économique des TMC ?

Solenn Le Brazidec : « notre modèle est majoritairement basé sur les frais de transaction et sur les revenus de nos partenaires qui est un autre sujet qui risque potentiellement d’être remis en question dans le contexte que l’on connait. Au-delà de revoir le modèle de l’agence de voyage, il faut revoir le rôle de l’agence de voyages qui a été mis à mal ces dernières années. Or si la crise nous a montré une chose, c’est le rôle crucial des agences. Quand il s’agissait de faire des demandes de remboursement en masse, aucun robot, aucune automatisation ne pouvait le faire à la place des agents. C’est en tous cas un sujet qui doit être rapidement discuté avec les clients et les prospects pour aboutir ensemble à quelque chose de plus pérenne pour l’agence. »

Sébastien Calmejane : « les agences ne vont pas disparaitre mais il y a un vrai besoin de reconstruire le modèle économique. Cela ne fonctionne plus. Les transaction fee ont baissé, quant aux revenus fournisseurs, cela va être compliqué, notamment pour les compagnies aériennes qui vont mettre des années à se reconstruire. Il y a besoin de services et d’accompagnement, on est obligé de faire évoluer le système avec plus d’agilité, en intégrant le digital. »

Eric Ritter : « une agence, ce n’est pas seulement réserver un billet, c’est aussi affréter des vols, rapatrier des voyageurs, organiser aujourd’hui des vols long-courriers alors que les contraintes sont énormes, tout ceci est beaucoup plus compliqué qu’une simple réservation en trois clics sur un GDS. C’est facile de dire qu’il faut changer de modèle économique mais il est de notre responsabilité d’éduquer nos clients, de leur montrer notre vraie valeur. »

Pascal Jungfer : « attention, le transaction fee a aussi des avantages, il permet une très bonne ventilation des coûts de l’agence dans l’entreprise en évitant les budgets centraux. Or quand vous êtes une entreprise présente dans 150 pays, la ventilation du coût de l’agence de voyages est bien pratique. Et par ailleurs, cela permet de baser la facturation de façon assez immédiate sur l’activité. »

Claude Lelièvre : « on peut avoir deux attitudes : une opportuniste, négocier au plus serré, et l’autre, privilégier une politique de partenariat. Il est plus intéressant de travailler sur la durée et de voir comment on peut mieux partager le risque. »

Faut-il exiger une totale transparence des TMC sur leurs revenus fournisseurs ?

Claude Lelièvre : « on a un produit comme le transport aérien qui est distribué de différentes façons, loisir ou affaires, et sur des canaux très variés. On se retrouve, nous travel managers, coincé entre les deux. On a face à nous des voyageurs, des patrons d’activité, qui vont nous dire : « pour la même chose, on a 50 prix différents, et vous êtes plus cher que la distribution loisir ». La difficulté est là. Militer pour une transparence, c’est peut-être aller vite en besogne mais on a une vraie difficulté de lecture de l’offre. Comment peut-on être un maillon constructif de cette chaine de valeur si on ne nous donne pas tous les éléments pour juger ? »

Solenn Le Brazidec : « on n’a pas attendu la crise pour être transparent. Dans les appels d’offre, les entités publiques demandent le détail des rémunérations de l’agence. Aujourd’hui le modèle de rémunération de la TMC par les fournisseurs est très disparate car il est surtout piloté par le volume. Mais au final, les taux de marge d’une agence de voyages sont faibles. »

Sébastien Calmejane : « c’est un vrai sujet. La volonté et le futur de la nouvelle agence de voyages aujourd’hui est d’aller vers une plus grande indépendance à l’égard des fournisseurs. Quand une grande compagnie aérienne vous assure un revenu de plusieurs millions d’euros à la fin de l’année, cela va être compliqué parfois pour l’agence de ne pas envoyer du volume sur tel ou tel acteur. Il y a eu une chasse au fee, à quelques euros, qui a rendu indispensable ces revenus fournisseurs pour équilibrer. C’est une valeur ajoutée de passer par son agence pour la sécurité et le duty of care mais il faut trouver une indépendance à l’égard du fournisseur et il faut être transparent pour son client sur cette approche. »

Eric Ritter : « nous sommes des prestataires de service au service de nos clients et non de nos fournisseurs. Abandonner le transaction fee va nous permettre d’avoir beaucoup plus de transparence. Prendre plusieurs euros pour émettre un billet de train réservé online en automatique, cela ne correspond évidemment pas à nos coûts de revient, c’est ridicule. Mais valoriser notre travail avec une facturation précise et détaillée va nous permettre d’avoir plus de transparence. »

Pascal Jungfer : « la transparence est un serpent de mer, et cela ne date pas du Covid. Les accords entre la TMC et les fournisseurs sont soumis à un principe de réalité : ils sont couverts par des clauses de confidentialité. Les révéler supposerait une autre approche juridique.
Il y a besoin d’un nouvel équilibre de relations entre l’agence et le client car au bout du compte, cela ne correspond ni totalement au vœu du client ni à celui des agences qui ont le sentiment de ne pas être rémunéré au juste prix de leur service. Et les clients ont l’impression qu’on ne leur dit pas tout. »

La tarification fixe, tel l’abonnement, est-elle une solution ?

Sébastien Calmejane : « on propose un abonnement mensuel par voyageur actif. S’il ne se déplace pas, pas de facturation. Cet abonnement va comprendre toutes les opérations qui vont se passer sur la plateforme online, suivi et service. En offline en revanche, on a un fee par PNR où on peut avoir trois voyageurs avec train+hôtel+avion par exemple. Cela permet d’avoir une vraie visibilité sur l’activité des voyageurs. Donc simple et transparent, pas de grilles de fees avec 30 lignes de frais court, moyen, ou long courrier. »

Solenn Le Brazidec : « on est en discussion avec nos clients sur la revalorisation de l’account management, du conseil et de l’analyse. Le fee au contact est un point intéressant mais il faut pouvoir le facturer facilement parce qu’aujourd’hui dans le modèle de l’agence de voyages, l’émission créé la facturation. Le fee au contact nécessite donc un peu de développement et de réflexion. Si on veut pérenniser les revenus de l’agence, le meilleur modèle est le forfait comme l’appliquent les éditeurs de logiciels. Mais j’ai l’impression que les clients ne sont pas encore prêts pour ce modèle. Il faut discuter avec chacun de nos clients, entre une multinationale, une entreprise publique et une entreprise locale, le niveau de conversation n’est pas du tout le même. Il faut personnaliser le discours, la facturation et s’adapter au client. »

Eric Ritter : « la rémunération va se décider client par client avec des solutions de plus en plus hybrides. Je n’écris pas un business model pour faire plaisir à une TMC mais pour rendre un service à un client. »

Pascal Jungfer : « il y a deux logiques, la première est de rendre le budget voyages prévisible, donc un forfait ou un management fee. La deuxième est de mettre une étiquette de prix sur tout ce que fait l’agence et qui parfois n’est pas facturé aujourd’hui par le client. La réponse est peut-être différente selon le marché, mid-market ou grands groupes. Les agences ont donc peut-être un travail de segmentation à faire à la fois sur l’offre mais aussi sur le profil de consommation afin de choisir un modèle ou un autre. Parler de modèle de prix dans l’absolu n’est pas forcément pertinent et d’ailleurs on voit que les réactions des clients sont assez diverses. L’abonnement n’est qu’une façon de passer le risque à 100% sur le client. Peut-être y-a-t-il des solutions intermédiaires. »

Claude Lelièvre : « tous les échelons, aussi bien internes qu’externes, sont dans une recherche de sens. Essayons de trouver un modèle qui donne du sens à chacune des opérations, en forfait ou en transaction fee… Sur les salaires on a des parts fixes et des parts variables, on pourrait s’en inspirer. »

Une tarification qui valorise davantage le service, mais comment mesurer ce service ?

Pascal Jungfer : « le vrai sujet est celui du suivi de la performance de l’agence. Et donc du tracking qui ne rend peut-être pas assez justice au travail de l’agence. La transparence, c’est aussi faire en sorte que la valeur ajoutée de l’agence soit auditable et pilotable. Car ce qu’on suit s’améliore. Mais c’est surtout de la responsabilité de l’agence de mettre les bons outils en place et là, il y a beaucoup de progrès à faire. »

Solenn Le Brazidec : « dans l’ensemble, la mesure de qualité de service n’est pas satisfaisante car cela coûte cher, les outils surtout. Si on n’est pas capable de mesurer la qualité de service de l’agence, on ne peut pas évidemment pas dire « on fait de la qualité », c’est compliqué. Il faut pouvoir le montrer au client, et c’est un point essentiel pour valoriser le rôle de l’agence. »

Claude Lelièvre : « s’il faut que la mesure de la performance nous prenne plus de temps que rendre le service lui-même, on a tout perdu. C’est difficile de mesurer la qualité de service d’une TMC, c’est une perception individuelle par rapport à un contexte et c’est très difficile à mettre dans des grilles. »

François-Xavier Izenic, rédacteur associé de l’AFTM

 

Bulletin d'information AFTM – Covid-19 – Conséquences

Chers adhérents, Chers partenaires,
La situation actuelle est inédite et grave. Il est nul besoin d’ajouter des commentaires supplémentaires.
Aussi, à situation exceptionnelle, mesures exceptionnelles. En responsabilité, les membres du Conseil d’Administration ont pris les décisions suivantes.

  • Les événements (conférences et Journées mensuelles) sont annulés jusqu’à nouvel ordre.
  • Le Dîner des Partenaires prévu initialement le 27 avril est reporté.
  • Les préparatifs et l’organisation de l’Assemblée Générale prévue initialement le 11 juin à Paris sont largement perturbés. Aussi, elle sera exceptionnellement décalée en fin d’année. Cette mesure, qui s’impose, vise à permettre d’assurer la continuité opérationnelle de l’association et une gestion responsable des affaires courantes (ressources humaines, administration, etc.).
  • Les newsletters de l’association sont suspendues jusqu’à nouvel ordre. L’association ne souhaite pas alourdir les boîtes mails d’informations qui pourraient se trouver en décalage avec l’actualité.
  • Les préparatifs pour la soirée festive prévue en septembre dans le cadre de l’IFTM Top Resa sont de fait suspendus. À l’heure où notre industrie traverse une crise économique très grave, le maintien d’un tel événement serait inopportun et inapproprié.

La crise sanitaire que nous traversons, nous rappelle à notre devoir de responsabilité et de solidarité. Nous devons également faire preuve de bienveillance à l’égard de tous. Tout comme vous, nous espérons un retour à la normale dans les meilleurs délais.
Fidèlement,
Le Conseil d’Administration de l’AFTM.

Activité événementielle de l'AFTM : bulletin d'information

Chers membres,

Au regard de l’évolution rapide de l’épidémie de Covid-19 (Coronavirus), le Conseil d’administration de l’AFTM s’est réunit en web conférence afin de faire le point sur la situation et de prendre certaines mesures au regard de son activité événementielle.

Les adhérents de l’AFTM ont été nombreux à partager les consignes et les recommandations mises en place au sein de leurs entreprises depuis quelques jours. Sans surprise, elles recommandent en majorité de différer sine die l’ensemble des réunions dites « non stratégiques », sans considération de la taille ou du lieu de l’événement.

Un nombre important de membres inscrits aux événements de mars nous ont par ailleurs appelé aujourd’hui pour annuler leur participation.

Aussi, les membres du Conseil d’Administration de l’AFTM ont pris la décision d’annuler l’ensemble des réunions publiques de l’association sur toute la France (délégations régionales comprises) pour le mois de mars. A contrario, les formations de l’AFTM organisées à Paris (réunissant 10 personnes maximum) sont maintenues jusqu’à nouvel ordre.

Le CA a chargé la permanence de l’AFTM d’étudier la possibilité de transformer les événements présentiels en webinaires dans les prochaines semaines. Une communication spécifique sera prochainement réalisée sur le sujet.

Le Conseil d’Administration de l’AFTM se réunira tous les 15 jours afin de réévaluer la situation, de prendre les mesures adéquates et publiera dans la foulée un nouveau bulletin d’information quant à l’activité de l’association.

Dans l’intervalle, l’association est pleinement mobilisée pour accompagner ses membres, adhérents et partenaires. Un dossier spécial sera consacré au traitement du Covid-19 (Coronavirus) dans la prochaine newsletter comprenant notamment les résultats des deux grandes enquêtes réalisées auprès de ses membres.

La permanence de l’AFTM se tient à la disposition de chacun pour répondre à vos éventuelles questions (tél. 01 55 20 94 14 – info@aftm.fr).

Le Conseil d’Administration de l’AFTM