Les webinaires de l'AFTM, demandez le replay !

Nous avons fait le choix enfin de ne pas diffuser le replay à l’issue des sessions mais à la fin de chaque cycle afin de favoriser la participation en live, d’encourager le débat et les questions aux intervenants et ainsi de préserver la spontanéité de l’exercice.
Aussi, les adhérents et les partenaires de l’AFTM peuvent consulter sur cette page le replay des webinaires passés.

Webinar AFTM (10 juin 2020) – Mobilités urbaines, le “vélotaf” pour tous ?

 

Webinar AFTM (20 mai 2020) – Hôtellerie d’affaires : comment gérer l’après-confinement ?

Webinar AFTM (7 mai 2020) – Ferroviaire : comment gérer les déplacements après le confinement ?


Webinar AFTM (27 avril 2020) – Aérien et crise du Covid19 : quid des avoirs, reports et remboursements ?

Webinar ferroviaire : les 10 points à retenir !

Deuxième webinar, deuxième réussite ! Vous avez été plus de 220 inscrits et presque autant à suivre le webinar sur la gestion du ferroviaire après le confinement. Pendant une heure, trois intervenants ont répondu aux questions de l’animateur François-Xavier Izenic et des internautes : Aurélie Soulat, country director chez Sabre, Olivier Pinna, directeur du marché Affaires à la SNCF, et Antoine Delesalle, directeur des ventes chez American Express GBT. Ce webinar fut riche d’informations et d’enseignements, nous vous en proposons ici l’essentiel.

1. Quelles sont les règles de déplacements lors du déconfinement et quels documents seront nécessaires ?

Les déplacements sont à nouveau autorisés à partir du 11 mai sans attestation :

  • et sans aucune restriction dans son département de résidence,
  • et dans une limite de 100 km de son domicile à vol d’oiseau en dehors de son département.

Donc, 2 cas de figure :

  • + de 100 km : il faut remplir la nouvelle attestation téléchargeable en cochant la case « motif professionnel » comme pour la précédente attestation. Attention : des contrôles seront organisés dans les gares, les aérogares ou sur certains tronçons d’autoroute ou de routes à grande circulation.
  • – de 100 km : se munir quoiqu’il arrive d’un justificatif de domicile. Attention, les utilisateurs des transports en commun en Ile-de-France (et notamment le Transilien, géré par la SNCF) devront se munir d’une autorisation de leur employeur indiquant une plage horaire de déplacement, pour éviter l’afflux de voyageurs en heures de pointe.

Par ailleurs, dans les régions, pour emprunter certains TER très fréquentés, les voyageurs devront être munis d’un coupon d’accès en complément du titre de transport. Ce coupon devra être imprimé avant d’arriver en gare.

2. Quid de l’échange et du remboursement des billets ?

Depuis le 9 mars, les frais d’échange et de remboursement ont été levés. Cette mesure sera d’abord prolongée jusqu’au 27 mai puis jusqu’au 25 juin mais avec le paiement de la différence quand il y a échange pour un billet d’une valeur supérieure.
Des facilités similaires existent sur Thalys et Lyria (bien vérifier les conditions auprès de la TMC), seul Eurostar rembourse en bons d’achat.

3. Quel trafic le 11 mai ?

TGV
15% des TGV vont rouler dès le 11 mai (contre 7% pendant le confinement). Puis 30% fin mai, 50 à 75% courant juin, et retour à la normale en juillet sauf « contre-ordre et si la demande est au rendez-vous ».
Tous les trains désormais en vente « sont garantis » et on peut déjà faire des réservations jusqu’au mois d’août.

Trains du quotidien
Les TER et les Transiliens reprendront à 50% le 11 mai puis à 75% fin mai et 100% courant juin.

Ouigo
Reprise très progressive avec montée en charge cet été.

4. Quel trafic à l’international ?

Les restrictions aux frontières avec les pays voisins sont maintenues jusqu’au 15 juin minimum. Attention aux contrôles à l’arrivée qui peuvent prendre un certain temps.
Eurostar
2 A/R par jour à partir de mi-mai.
Thalys
Jusqu’au 8 juin, 2 A/R par jour entre Bruxelles et Paris et entre Bruxelles et Amsterdam. Une montée en charge est prévue à partir du 9 juin avec par exemple 5 A/R entre Paris et Bruxelles.
Lyria
Jusqu’au 17 mai, 1 A/R entre Paris et Genève et 1 A/R entre Paris et Bâle. Puis reprise progressive.

5. Quels protocoles sanitaires ?

  • Un siège sur deux : pendant tout le mois de mai, seul un siège sur deux sera mis en vente pour les TGV, Lyria, Thalys et Eurostar (déjà effectif dans les systèmes de réservation). De nouvelles prises de position du gouvernement le 2 juin prochain pourraient faire évoluer la situation.
  • Le masque : obligatoire dans les trains et même dès l’entrée en gare. La police ferroviaire pourra verbaliser les contrevenants pour un montant de 135 euros. La SNCF ne fournit pas de masques sauf si un voyageur déchire ou casse le sien pendant le trajet. Les bars restant fermés, il est recommandé d’éviter de manger à bord car cela oblige à enlever le masque.
  • Bagages : les points de contact, dont les coffres à bagages, seront désinfectés plusieurs fois par jour mais il est recommandé de ranger son bagage à côté de soi, sur le siège vide.
  • Dans les gares : marquage au sol pour respecter la distanciation physique, nombreuses annonces sonores pour rappeler les bons gestes barrière, gel hydroalcoolique dans les principaux points d’entrée.

6. À quels tarifs ?

Olivier Pinna a assuré qu’il n’y aura pas de hausse des tarifs malgré la réduction de l’offre et le coût des mesures sanitaires pour la SNCF. « On prend un engagement clair sur ce sujet, on cherche à faire revenir les voyageurs dans nos trains, on a donc intérêt à les remplir avant de penser au panier moyen. L’objectif est de relancer la machine » (un TGV est rentable à partir de 60% de taux de remplissage).

Il conviendra toutefois de rester vigilant dans un deuxième temps car les comptes de la SNCF sont sous pression, cette dernière accusant un manque à gagner de 2 milliards d’euros jusqu’à fin avril due au Covid-19, qui s’ajoute au milliard d’euros de manque à gagner en raison des grèves de la réforme sur les retraites. Par ailleurs, l’éventuelle suppression de lignes domestiques d’Air France au profit du train (à la demande du gouvernement pour des raisons écologiques) pourrait laisser la SNCF en situation de monopole sur certaines liaisons (Paris/Bordeaux est clairement visé) et favoriser une hausse des tarifs.

Pour Antoine Delesalle, au-delà de la hausse des tarifs, c’est un changement de modèle qui se profile pour les acteurs du voyage d’affaires. « Les modèles en place sont des modèles à l’acte, à la réservation, donc très fragiles dans le cas d’une crise comme celle-ci. Le sujet n’est peut-être pas d’augmenter les prix mais surtout de sécuriser les revenus ».

Pour information, aux Etats-Unis, certains appellent déjà à ce changement, vers une sorte d’abonnement, comme il en existe dans de nombreux secteurs d’activité (tel le SaaS fee du logiciel appliqué au voyage). Nous en reparlerons bientôt dans ces colonnes.

7. Quid des cartes d’abonnement ?

Les cartes Liberté qui arrivent à échéance entre la mi-mars et le 31 juillet seront prolongées jusqu’au 31 août, sans aucune formalité technique ni administrative. Concrètement, le voyageur monte dans le train et le contrôleur fera de facto preuve de tolérance.
Pour les cartes Liberté qui arrivent à expiration plus tard, la SNCF réfléchit à des promotions ou des réductions pour une application dès la rentrée de septembre. On en saura plus très bientôt selon Olivier Pinna. Pour les autres cartes, type Avantages (jeunes, senior…), Week-End, même principe.

8. Quid des contrats corporate ?

Olivier Pinna a précisé que « tous les attributs et toutes les réductions prévus par ces contrats seraient bien sûr maintenus ». Il a ajouté « que pour les contrats grands comptes, on ferait preuve de bienveillance en prenant en considération la situation exceptionnelle pour la réalisation des objectifs communs qui avaient été fixés ».

9. Quelle politique d’achat ?

Antoine Delesalle conseille « de casser les habitudes et les codes. Avant, on analysait l’historique pour prévoir la suite mais on ne peut plus se contenter d’un audit de la data et des statistiques pour anticiper la reprise de l’activité, notamment quand il s’agit de souscrire des cartes d’abonnement auprès de la SNCF ou d’autres. Il va sans doute falloir privilégier d’autres méthodes, comme l’interview des voyageurs ou des Business Unit, pour mieux comprendre le besoin ».

10. Quelle politique voyages ?

Certaines entreprises font remonter le souhait exprimé par certains de leurs voyageurs d’utiliser, quand le temps de trajet le permet, la voiture personnelle ou de location plutôt que le train. Cela les rassure. « C’est une tendance, c’est vrai, mais je pense qu’elle est ponctuelle » selon Antoine Delesalle. Il convient toutefois dans cette période intermédiaire d’être plus souple sur l’application de la politique voyages et d’être à l’écoute des voyageurs.

Pour Aurélie Soulat, cette crise va avoir des « répercussions importantes sur les politiques voyages, en matière de sécurité, de duty of care et de RSE ». C’est en effet un grand chantier qui va s’ouvrir : « il faudra se pencher sur le sujet du non-voyage comme étant partie prenante de la politique voyages et de la forte progression de la visioconférence » selon Antoine Delesalle. Et surtout redéfinir précisément ce qu’est un voyage autorisé. Il y a du pain sur la planche, c’est l’ensemble de la chaîne de valeur qui va devoir modifier ses logiciels pour comprendre et appréhender ce marché des déplacements professionnels en plein bouleversement.

François-Xavier IZENIC,
Rédacteur associé de l’AFTM

Ferroviaire : comment gérer les déplacements après le confinement ?

À la veille de l’impérieuse date du 11 mai, comment vont s’organiser les voyages ferroviaires ? Quel sera le trafic ? Quelles seront les conditions sanitaires requises : masques obligatoires, un siège sur deux… ?

Au-delà de ces questions qui intéressent tous les voyageurs d’affaires, ce deuxième webinar (épisode 1 : l’aérien bientôt disponible en replay, épisode 2 : le ferroviaire, épisode 3 : les périmètres connexes aux déplacements professionnels) sera également l’occasion de s’intéresser aux conditions commerciales et envisager les adaptations nécessaires des politiques voyages et des stratégies achats des entreprises.
 

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Le jeudi 7 mai à 10H30

Quelles actions en ligne sont les plus consommatrices d’énergie ?

Les transports sont souvent montrés du doigt comme étant l’industrie la plus polluante… Parce qu’elle est invisible, la pollution numérique nous semble dérisoire et pourtant... Les transports ou les déplacements professionnels polluent-ils plus que le numérique ou les échanges de courriels ? Réponse en chiffres !


 

Point sur les GES émis en France aujourd’hui !

Alors qu’en 2019, le “jour de dépassement” est intervenu le 29 juillet, soit deux jours plus tôt qu’en 2018, il est légitime de s’interroger sur la question de l’empreinte écologique. Celle-ci peut notamment se mesurer grâce au calcul du bilan carbone. Les transports sont souvent pointés du doigt comme les grands responsables des émissions de gaz à effet de serre en France et dans le monde. Qu’en est-il réellement ? Quel est le bilan carbone de chaque moyen de transport ? Réponse en chiffres !


 

Edito mensuel de Michel Dieleman : Aérien et CO2, faisons le point !

Des mouvements écologiques se montrent très virulents contre l’avion. Je vous propose ici de prendre un peu de recul sur le débat actuel et de voir la situation dans sa globalité.

Vous avez sans doute entendu parler du flygskam, ce mot suédois que l’on traduit par “la honte de voler”. Lancé en avril dernier par 250 personnalités suédoises du cinéma, celui-ci fait des émules et est rejoint par de plus en plus de suédois. Les personnes qui adhèrent à ce mouvement s’engagent, pour des raisons écologiques, à ne plus prendre l’avion. Ce serment révèle un mouvement plus vaste qui tend à pointer du doigt toute l’industrie aérienne comme étant une grande source de pollution, notamment à cause des rejets de Co2 dans l’atmosphère. Prenons un peu de hauteur et faisons le point.

En 2016, selon CITEPA, l’aérien représentait 0,8 % des émissions françaises de gaz à effet de serre alors que les voitures en représentent 16 %. À lui seul, ce chiffre devrait faire taire tous les détracteurs de l’avion. Il faut néanmoins le contrebalancer par le nombre d’utilisateurs de chacun de ces modes de transports : en France, toujours en 2016, 79,1% de la population utilisait une voiture particulière et seulement 1,5% le transport aérien. A capacité de transport égal, l’avion pollue donc 2,5 fois plus que la voiture…

Forts de ces chiffres et face à une volonté farouche de mettre en avant la pollution du transport aérien largement supérieure à celle du train (60 fois plus selon CITEPA), plusieurs députés français proposent la possibilité de fermer certains aéroports et de supprimer des vols internes lorsque des alternatives raisonnables existent par le train. Le bulletin statistique du trafic aérien commercial révèle qu’en 2018, 26,8 millions de passagers ont été transportés entre deux villes de métropoles dont 26,6 au sein des 149 liaisons principales. Sachant que la majorité de ces vols pourraient être remplacés par des trajets en train de moins de 5 heures, cela révèle une utilisation excessive de l’avion en France. Le gouvernement se refuse néanmoins de passer par une interdiction et les annonces se multiplient, créant une cacophonie d’où il est compliqué de savoir quoi penser ni comment se positionner.

Le transport aérien est un incroyable vecteur de lien, d’ouverture et d’échanges pour les citoyens du monde. En agissant de façon responsable, nous répondons aux attentes de nos clients, de nos salariés, de toutes nos parties prenantes.

Benjamin Smith, DG d’Air France KLM.

Face à toutes ces attaques, l’industrie aérienne se défend et utilise de solides arguments pour plaider sa cause. Elle est par exemple le seul secteur à avoir pris un engagement global qui ne concerne pas seulement sa consommation de kérosène mais l’ensemble de l’industrie. Elles se sont ainsi engagées à neutraliser leurs émissions de Co2 à partir de 2020 puis à les diminuer de moitié d’ici à 2050 par rapport à 2005. Alexandre Juniac, le directeur général de IATA dénonce les gouvernements qui taxent de façon punitive mais ne soutiennent pas la recherche mise en œuvre par les compagnies.

Pour limiter leur impact environnemental, les compagnies aériennes optent pour des technologies innovantes, une optimisation des opérations aériennes, une évolution des infrastructures, la création et l’utilisation de carburants durables, une implication de tous les collaborateurs et une compensation carbone qui passe par des taxes via les EU-ETS mais aussi par des programmes de reforestations et des actions RSE.

Pour exemple, et cette compagnie n’est pas la seule à œuvrer en ce sens, Air France travaille ainsi pour proposer des alternatives durables à ses voyageurs. La société se place dans une ambition de performance globale et de contribution aux objectifs de développement durable mondiaux. Ce programme passe par trois axes : limiter et compenser ses émissions de Co2, réduire, recycler et valoriser ses déchets et modérer l’empreinte sonore de ses activités. En suivant cette philosophie, Air France a réduit en 2018 de 21,6 % ses émissions de Co2 par rapport à 2011.

En résumé, Il est important de prendre aussi en compte dans le calcul de l’empreinte écologique d’un trajet, le poids des infrastructures, pas seulement le trajet en lui-même. Selon les trajets, l’avion ne sera alors pas toujours le moyen de transport le plus polluant.

Quelques chiffres pour se détendre après ces réflexions, ô combien sérieuses !

  • Les sites de streaming génèrent plus de Co2 que l’industrie aérienne !
  • 1 kg de boeuf provenant du Brésil génère autant de Co2 qu’un vol Paris > Athènes !
  • Si les 4 milliards de passagers annuels réduisent leurs bagages de 100 g chacun, 1000 vols Paris > Bombay seront économisés !

Michel Dieleman,

Président de l’AFTM